Gros match
LES SPRINGBOKS VEULENT ENFONCER L'ANGLETERRE
Le stade de France accueille le match le plus attendu du premier tour entre l'Afrique du Sud et l'Angleterre, deux des favoris pour le titre. Le XV de la Rose, en plein doute et décimé, aura fort à faire contre des Sud-africains sûrs de leur force. La première place du groupe A est en jeu.
Un choc de titans
Le choc entre l'Afrique du sud et l'Angleterre est sans aucun doute le match phare de la première phase de la Coupe du monde, celui que tout le monde attend. Deux raisons, au moins, pour étayer cette thèse: c'est la seule rencontre qui opposera deux anciens champions du monde (en 1995 pour les Boks, en 2003 pour les Anglais). Et puis c'est aussi le match qui a suscité le plus d'intérêt de la part des spectateurs et des observateurs, celui qui a enregistré le plus de demandes de billets. Il n'y aura pourtant que 80 000 persones à Saint-Denis pour voir l'affrontement entre deux nations majeures du rugby mondial. Les deux équipes en profiteront pour se disputer la première place de la poule A, un classement qui devrait ouvrir une voie royale vers les demi-finales, face au premier du groupe de la France. A quelques heures de la rencontre, les pronostics penchent très nettement en faveur des Sud-Africains. Vainqueurs faciles et convaincants des Samoa (59-7), ils affichent une sérénité impressionnante.
Depuis leur défaite en quarts de finale en 2003 contre la Nouvelle-Zélande, ils ont énormément progressé, gagnant surtout en maturité. Aujourd'hui les hommes de Jake White forment une équipe homogène, qui s'appuie comme toujours sur un pack très performant (autour du capitaine, John Smit, ou de Victor Matfield), mais qui a surtout enfin trouvé la bonne formule derrière, avec deux joueurs d'expérience (James et Montgomerie), pour encadrer une jeune génération surdouée, emmenée par Brian Habana, Jaque Fourie et surtout François Steyn. La nouvelle petite merveille du rugby bok parle d'ailleurs déjà comme un vieux briscard, et ne se satisfait pas de la victoire contre les Polynésiens: «On sait qu'on peut jouer mieux que contre les Samoa. On doit notamment mieux commencer les matches, jouer dès le début comme on a joué à la fin.» Les Springboks devront toutefois se passer de leur grand blond Schalk Burger, suspendu deux rencontres pour un plaquage haut. La perte est lourde en défense et dans la récupération des ballons, mais l'Afrique du Sud possède encore de solides arguments. Jake White ne s'en cache pas, et se permet même de comparer les deux équipes, en mettant un peu de pression sur son adversaire: «Maintenant, c'est nous qui avons un groupe qui vit ensemble depuis un moment et les Anglais n'ont pas vraiment beaucoup joué ensemble. Ce ne sera pas facile mais on est dans la même position que l'Angleterre en 2003.»