finale!!!!

Publié le par thyouz

Les larmes de Pichot
L'Afrique du Sud sut échapper au coup de moins bien qui lui avait valu de vraies sueurs en quart devant les Fidji (37-20). L'Argentine a inscrit son seul essai du match au retour des vestiaires (44e), par Manuel Contepomi, avec recours à la vidéo (24-13). Mais, après avoir perdu une touche et effondré une mêlée, les Springboks surent retrouver leur esprits, grâce à leurs avants et leur grand patron, le capitaine John Smit, sorte de Martin Johnson sud-africain en version trapue. Voilà aussi une équipe capable de se passer d'un numéro dix d'envergure, Butch James ayant souffert la comparaison avec son partenaire de la charnière, l'immense Du Preez, justesse et précision mêlées, point cardinal d'une mécanique huilée de façon impressionnante par Eddie Jones - l'Australien, adjoint de Jake White, sélectionneur de l'Australie en 2003, retrouvera l'Angleterre en finale quatre ans après pour une revanche personnelle. La deuxième période fut moins spectaculaire, hachée par l'oeil de lynx de M. Walsh, imprenable sur tous les embryons d'en-avant et de hors-jeu qui traînaient (peut-être une séquelle des quarts de finale). Un deuxième essai de la flèche Habana, drapé du même opportunisme que celui inscrit par du Preez pour ouvrir le score (74e), donna au succès sud-africain une dimension impressionnante, Montgomery ajoutant ses huit points syndicaux après le repos (37-13 score final).

Bientôt, Pichot et Hernandez pleureraient comme les frères qu'ils sont, derrière un panneau publicitaire, foudroyés dans la plus pure des ambitions, celles d'aller au bout de leurs rêves. Peut-être regrettaient-ils, quelque part, une entame de match qui les avait quelque peu sortis de leurs habitudes tactiques. Moins attentistes que prévu, décidés à solliciter les trois-quarts plus vite que les Boks l'avaient sans doute anticipé, les Pumas avaient donné des munitions pour se faire battre à une équipe qui n'en avait sans doute pas besoin. Peut-être s'étaient-ils ennuyés ferme, eux aussi, en regardant la première demi-finale. Sans doute avaient-ils pensé que perdre un tel match par excès de prudence eût été la pire des punitions pour eux, les généreux guerilleros qu'un hymne national suffit à faire fondre en larmes. «Je ne regrette rien», d'Edith Piaf, crachait la sono du stade pendant leur tour d'honneur. L'Argentine n'a rien a regretter, juste un superbe challenge à relever en affrontant à nouveau la France pour la médaille en chocolat. Mais l'Afrique du Sud, c'est prévisible, a beaucoup trop à gagner pour lui laisser la place.

 

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Publié dans Sport

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